ozo a écrit : ↑08 juin 2026, 22:49
Robeberic 1er a écrit : ↑08 juin 2026, 22:36
Je pense que l'analyse des deux saisons ne doit pas être la même. La saison derniere semble avoir été clairement mise en parenthèse, avec l'espoir d'un maintien miraculeux mais dont l'échec ne semblait pas trop affecter KSV.
Cette année c'est très different je pense que clairement ils ne pensaient rester qu'un an en L2 (cf leur discours et la conservation de Stassin et Davita en mode "ça va c'est qu'une saison en L2 ça va pas vous tuer") mais des soucis conjoncturels ont conduit à l'échec (blessures, groupe qui ne matchait plus avec Horneland, Ekwah qui est stupide, Stassin qui boude, Cardona a coté de la plaque etc.). en soit cette saison est une saison raté comme énormement de club en vive surtout quand le niveau d'exigence est très haut (après tout cela reste une équipe qui a fait 3eme de son championnat).
Par ailleurs je suis d'accord avec ce que tu dis sur le changement structurel du club mais de coup ce que je ne saisi pas la dedans c'est comment arriver à mobiliser tout un club quand des Gilles Rodriguez sont encore là par exemple ? Il y a une sensation de vouloir y aller sans y aller carrément qui me semble précisémment être ce qui cause ce manque d'adhésion général au projet. Et même au sein de l'effectif, on prolonge des Moueffeck, Nadé, Larsonneur... j'ai un peu cette sensation qu'on ménage la chèvre et le chou...
Je vois très bien ce que tu veux dire, et cette impression de “demi-mesure” est sans doute l’un des points les plus frustrants du projet aujourd’hui.
Sur le papier, KSV affiche une volonté de transformation assez nette : modernisation du club, structuration des pôles, internationalisation des profils, logique de projet de jeu. Mais dans les faits, on a effectivement une transition qui semble étalée, progressive, presque prudente. Et c’est là que naît le décalage entre le discours et la perception des supporters.
Sur la question des personnes encore en place, je pense qu’il faut distinguer deux choses. Il y a d’un côté les fonctions structurelles du club, où le changement est forcément plus lent qu’on ne l’imagine de l’extérieur. On ne remplace pas un responsable, des équipes médicales ou des staffs techniques du jour au lendemain sans continuité minimale, surtout dans un club où les saisons s’enchaînent sans véritable respiration.
Mais de l’autre côté, il y a effectivement les choix sportifs et symboliques, comme certaines prolongations ou la conservation de profils issus de cycles précédents. Et là, je comprends totalement la lecture que tu fais : cela peut donner l’impression d’un projet qui veut se transformer tout en conservant des éléments de l’ancien monde. Ce mélange crée forcément une forme d’entre-deux difficile à lire, aussi bien pour le vestiaire que pour l’extérieur.
Sur les prolongations que tu cites, je pense qu’il y a aussi une logique de valeur sportive et de gestion d’effectif. Garder des joueurs comme Larsonneur, Nadé ou Moueffek n’est pas forcément contradictoire avec un projet de transformation. Dans n’importe quel club en reconstruction, il y a toujours une base de joueurs “compatibles structurellement” : soit parce qu’ils incarnent un état d’esprit, soit parce qu’ils ont un niveau suffisant pour rester des points d’appui dans la transition. Le problème, c’est que si cette base est trop large ou pas assez clairement hiérarchisée, on perd effectivement en lisibilité.
Là où ton observation est intéressante, c’est sur l’effet global que ça produit : même si chaque décision peut s’expliquer isolément, l’ensemble peut donner une impression de compromis permanent. Et dans un club comme l’ASSE, cette perception est presque aussi importante que la réalité sportive, parce que l’adhésion populaire repose énormément sur la clarté du projet.
Concernant la culture de gouvernance de KSV, je te rejoins sur le fait que ce n’est pas forcément le modèle de rupture brutale qu’on peut associer à certains investisseurs étrangers. On est davantage dans une logique de construction progressive, avec une volonté de sécuriser les étapes plutôt que de tout bouleverser d’un coup. Ce qui peut être cohérent sur le plan interne, mais plus difficile à “lire” de l’extérieur quand les résultats ne suivent pas immédiatement.
Au fond, la vraie question est peut-être là : est-ce que cette progressivité est un choix assumé et maîtrisé, ou une forme d’hésitation contrainte par le contexte du club et les résultats récents ? Parce que dans un cas, on est sur une stratégie long terme cohérente mais exigeante en patience. Dans l’autre, on est sur une transition moins tranchée qui risque effectivement de créer ce sentiment de “ménager la chèvre et le chou” que tu décris.
Et c’est probablement ce flou-là, plus que les décisions individuelles, qui pèse aujourd’hui sur l’adhésion globale au projet.