Ah mais je ne nie pas leur supériorité technique ni leur domination.martien a écrit : ↑Hier, 18:36Mais je vois un angle mort dans ton analyse : tu ne te demandes pas pourquoi ils arrivent aussi bien à confisquer le ballon à n'importe quelle équipe. Et pourquoi aucune équipe ne pourrait rivaliser autrement qu'avec un bloc bas d’un autre temps.NomDeStade a écrit : ↑Hier, 18:16 Ben c'est surtout terrible pour le foot en fait. Parce que cette équipe (qui joue sans 9) confisque à tel point le ballon (et loin du but adverse) que tu n'as pas d'autres choix que de les attendre finalement. Encore une fois, Oyarzabal touche 9 ballons dans notre moitié de terrain adverse- c'est globalement équivalent à un match de Stassin face à Nice avec Montanier comme coach... (j'ai pas vérifié mais c'est l'idée quoi).
Et clairement, à mon sens, le football est en train de se mourir en grande partie parce que les principes guardiolesques ont tué le jeu et les individualités.
Ils sont où les techniciens, les ailiers qui font briller le jeu ? Il n'y a plus personne. Mais regardons même l'Espagne elle-même, l'équipe de 2010 elle surclasse en talent pur celle actuelle : Valdes, Reina, Casillas/ Piqué, Ramos, Arbeloa, Puyol, Albiol / Iniesta, Xavi, Busquets, Fabregas, Mata, Silva
/ Villa, Torres, Navas..
Et cette équipe-là a tué le jeu et posé des principes (parallèlement au Barça de Guardiola) qui font qu'aujourd'hui si t'as pas la maîtrise technique, et bien tu poses un bon vieux bus et t'attends. Après tout à 0-0, ils n'ont pas gagné non plus. (et hier, quand tu sais qu'on perd sur les bases d'un centre foireux, ça fout les boules)
Techniquement, le fait qu’ils arrivent à faire ça, c'est très fort.
Il faut le leur reconnaître.
Là où je pense que tu te trompes (et je n’entre pas dans le débat de savoir si c'est beau ou pas comme style de jeu, c’est une question de sensibilité forcément subjective), c'est qu'au lieu de se plaindre de ce style de jeu ou de s'y résigner en refusant le jeu, il faudrait proposer un contre-modèle ambitieux et protagoniste.
Et c'est précisément ce qu'a fait Klopp à Liverpool.
Il a battu cette identité de jeu par une autre identité de jeu, tout aussi huilée dans son registre.
Je me souviens de la saison 2017/2018 où le City de Guardiola déployait une maîtrise collective extraordinaire (loin de la caricature stérile des deux dernières saisons), mais a pris une énorme leçon par le Liverpool de Klopp en quarts de LDC. Défaite 3-0 à Anfield et 2-1 à l’Etihad.
C'est matchs étaient passionnants pour l'opposition de style entre deux grands tacticiens avec de vrais principes de jeu, et deux collectifs huilés.
Aujourd'hui l'Espagne est plus forte parce qu’elle a un style et un collectif. Au lieu de la critiquer parce qu’on n'aime pas la nature de ce style (et c'est respectable), il faut critiquer les autres sélections pour la pauvreté ou l'absence d'identité de jeu. C’est du foot à papa sans idée, dépendant des individualités (et chez les bleus elles sont tellement fortes que ça peut rendre bien !), façon Ancelotti et Allegri, qui déclarait en gros qu’il ne travaillait que quelques principes défensifs, mais que pour l'animation du jeu il laissait carte blanche à ses joueurs et ne bossait rien. Ce foot là ne peut plus rien contre une équipe aussi rodée collectivement que l'Espagne.
Par contre, je pense que le style opposable (Klopp style) est bien plus compliquée à mettre en place en sélection, et surtout à pouvoir assurer sur une longue compétition de fin de saison. Car cela nécessite une intensité hyper importante, alors qu'en contre-partie, il est moins énergivore de faire tourner la balle.
Donc bravo au football espagnol pour ce dogme qu'elle s'impose depuis 20 ans, mais je pense qu'on est parti pour se faire chier (oui désolé, je me fais chier à regarder l'Espagne*) pendant de longues années.
*et objectivement quand une demi-finale de coupe du monde finit avec un petit 1.2 xpg (en enlevant le péno) on ne peut pas parler d'un match "intéressant" à regarder. Soyons objectif, quand Sainté et son adversaire font une production pareille, tout le monde parle de purge, et Wert et toi parmi les premiers