maxarthur a écrit : ↑09 juin 2026, 12:23
Vouloir appliquer ce modèle sans avoir les joueurs pour le faire, c'est prendre le risque de confondre ambition et aveuglement
Sur ce point, je te rejoins.
Mais pour le reste j'ai beaucoup de mal à comprendre cette défiance majoritaire envers le football dit offensif, et je me questionne sur cette notion de "déséquilibre" qui serait tant incompatible avec la L1 ou la L2.
De mémoire, j'ai vu trois équipes de l'ASSE qui pratiquaient ce style "ultra-offensif" et "déséquilibré".
Celle de Nouzaret.
Celle de Batlles en deuxième partie de saison 2022 /2023 (je précise bien, parce qu'en première partie il se cherchait, et la saison suivante, il s'est renié pour s'adapter à son effectif, donc ce ne fut qu'une parenthèse - positive - de 4 mois).
Celle d'Horneland, de son premier match contre Reims en L1 jusqu'au 4-0 à Annecy (je précise là encore, car il y a eu un net changement après ce match, qui n'a pas enrayé le déclin des résultats).
Les deux premières furent globalement des réussites, sur le plan des résultats.
Je ne reviendrais pas sur la troisième car j'aurais envie de mettre mille nuances, mais ça nous disperserait, donc on va acter l'échec.
Mais globalement, à part le manque d'habitude, je ne sais pas ce qui donne autant de certitudes sur le fait que pour réussir en France, il faut absolument jouer de manière défensive.
Ca me fait penser aux débats qui ont lieu en ce moment dans le foot italien, entre :
- d'un côté les partisans de l'évolution par le jeu offensif, symbolisés par des De Zerbi, Gasperini ou Sarri, qui pensent que le foot italien décline par son incapacité à s'adapter au foot moderne
- et de l'autre, les "conservateurs" symbolisés par Allegri, Gattuso ou Fabio Capello, qui pensent au contraire que le foot italien doit revenir au catenaccio traditionnel qui a fait son succès dans les années 90 s'il veut retrouver sa grandeur
(Et en Italie il y a encore aujourd'hui pas mal de gens qui méprisent ou minimisent les succès d'un Fabregas à Côme, ou d'un De Zerbi en général, continuant de penser que le meilleur coach italien actuel c'est Allegri car "lui au moins il gagne" - sauf que ce n'est plus le cas depuis un moment, mais il y a toujours cette idée que "pragmatique / défensif" = résultat -)
Pour moi, ça ne vous surprendra pas, ce sont les premiers qui sont davantage dans le vrai. Et je retrouve beaucoup cette opposition ici.
Sinon, une dernière chose sur la notion de déséquilibre.
Pour moi ce n'est ni bon ni mauvais en soi.
Les questions sont : est-ce que les forces de l'équipe sont optimisées au maximum ? Est-ce que le ratio bénéfices / risques est avantageux ? Et aussi, est-ce l'équipe peut progresser sur la durée à travers ce style de jeu ? (c'est d'ailleurs pour cette raison que je préférais ce qu'on avait proposé lors du 1-6 contre Paris avec EH que lors du 0-2 contre l'OM avec ODO par exemple, car j'y trouvais plus d'axes de progression potentiels)
Dans l'absolu, je suis assez surpris de voir tant de panique par rapport au nombre de buts encaissés par Cathro à Estoril par exemple. Ce qui est plus intéressant à voir, c'est la différence de but. Or celle d'Estoril (grâce au grand nombre de buts marqués) est la 7ème meilleure du championnat (-3), donc peut-on parler d'équipe plus déséquilibrée et moins pragmatique qu'une équipe défensive qui sera à -10 de différence de but, en encaissant moins mais en marquant beaucoup moins ?
Je trouverais ça bien qu'on arrive à parler de ça tranquillement car j'ai l'impression qu'au fond cette différence d'approche du foot est l'une des grosses sources de tension et d'incompréhension dans la "communauté".