Les débats portant également sur la progression de l'équipe, j'ai essayé de visualiser si on pouvait constater une amélioration dans le rendement de l'équipe, et notamment dans le rendement offensif - considérant que le côté "beau jeu" voulu par notre coach réside principalement dans l'aspect offensif de la chose.
Toutes les données sont issues de Sofascore.
J'espère que ces traitements vous intéresserons; dans un premier temps, un pavé sur la possesion puis je complèterai par des éléments sur l'évolution de notre jeu. Bonne lecture (et n'hésitez surtout à critiquer/commenter
La possession et l'utilisation du ballon
Pour ce premier axe, j'ai opté pour une comparaison avec un large panel d'équipes, à savoir les 8 premières équipes de L2 - qui sont aussi celles affichant les plus haut taux de possession du championnat. J'ai également retenu les équipes en tête des 5 grands championnats (+ Pays-Bas) et/ou leader de leur championnat sur le champ de la possession de balle, d'où Liverpool, le Bayer, Lens, mais aussi Paris, Elche en Espagne ! ou Côme en Italie.
De plus, pour tenter de modérer l'écueil "niveau des joueurs", j'ai appliqué le même process aux divisions inférieurs de ces grands championnats, avec quelques surprises déjà : Frosinone en tête en Série B avec une possession très faible, ou à l'inverse Munster en Bundesliga 2 et Andorra en Liga B qui sont mal classés en ayant la plus haute possession de leur championnat. A ce panel, j'ai intégré les 2 leaders de la possession du championnat norvégien (très largement en plus) à savoir Brann Bergen et Bodo/Glimt, pour ces 2 équipes, j'ai dissocié leur stat locale et européenne. (stat européenne que je n'ai pas traité pour les autres membres du panel). Au total, c'est donc 34 équipes (30+2 norvégiennes*2) que j'ai donc scrutées pour essayer de voir des tendances globales sur les équipes ayant de très bons résultats sportifs et/ou une forte appétence/capacité à avoir une possession élevée.
Nb de passes réussies et possession globale
Sans surprise, il y a corrélation entre la possession et le nombre de passes réussies dans leur ensemble; la moyenne du panel est 57.2% de possession pour 437 passes réussies. Sainté est bien calée en 5ème place du panel en terme de possession avec près de 63% et 537 passes réussies en moyenne, dans les mêmes eaux que Bodo/Glimt en Norvège. A noter que localement, Troyes et Lens ont un comportement très similaire. Autre point surprenant à mes yeux : la différence de comportement assez nette pour les 2 équipes norvégiennes entre leur performance locale et le niveau européen : elles perdent entre 10 à 15 points de possession - Brann réussit 25% de passes en moins en Ligue Europa qu'en championnat - signe d'un niveau du championnat norvégien bien plus faible que le niveau européen intermédiaire ? (Brann a joué le PAOK, Fenerbahce, Bologne, les Rangers, Utrecht et Lille en Europe)

Nb de passes réussies dans le camp adverse
Une fois posé le contexte de la possession, il m'a semblé intéressant de regarder ce qu'il était fait de cette possession, à travers 2 éléments : la capacité à jouer chez l'adversaire, et la capacité à transformer la possession en tirs. Le nb de passes réussies correspond à la moyenne observée sur les matchs de championnat.

Sur la capacité à jouer chez l'adversaire, Sainté retrouve une place dans le peloton du graphique, le volume de passes réussies dans le camp adverse reste très confortable (246 passes réussies en moy.) - 10ème place du panel, là où Bodo/Glimt arrive à se placer sur le podium de cet axe d'analyse. Les cadors de la possession (Bayern, Paris, Barcelone) demeurent ceux qui s'installent le plus dans le camp adverse. De notre côté, on domine largement nos adversaires locaux (Reims est derrière nous avec 194 passes), néanmoins notre recul dans le classement "passes total" - "passes camp adverse" semble indiquer un temps de préparation plus long/lent dans notre propre camp.
Ce temps de préparation dans notre propre camp est confirmé par le ratio du nombre de passes réussies dans le camp adverse au regard du nombre de passes réussies dans leur ensemble puisque seulement 45.8% de nos passes réussies le sont dans le camp adverse, 22ème rang du panel. Avec Munster (12ème en Allemagne) nous sommes l'équipe qui a le plus grand delta négatif entre les deux classements (possession vs capacité à jouer chez l'adversaire) à l'opposé d'équipes qui recherchent moins la possession et semble évoluer en transition beaucoup plus rapide (Le Mans, Troyes, Frosinone et Feyenoord principalement)
Sur ce point précis, on peut y voir un éclairage sur la notion de ronronnement qui revient parfois dans les analyses du jeu de l'équipe.
Combien de passes pour déclencher un tir ?
Pour ce traitement, j'ai ramené le nombre de passes réussies au nombre de tirs pris par match. Plus une équipe est à gauche, et plus elle a besoin d'un grand nombre de passes pour réussir à se mettre en position de frapper au but. La moyenne du panel est 30,5 passes pour déclencher un tir - la moyenne du nombre de tirs par match étant de 14,5.

Sur cet aspect, on se distingue, mais pas dans la meilleure expression possible. Avec Dunkerque et Elche, nous sommes les 3 seules équipes à avoir besoin de plus de 40 passes pour déclencher un tir, néanmoins nous tirons plus au but que les 2 autres (13.4 contre 10.4 pour Dunkerque). On peut se rassurer en disant que nous sommes proches de Paris dans le comportement, mais Paris tire 18 fois au but par match et affiche des taux de possession affolant, comme vu plus haut. (70% de possession).
A noter que si l'on met en corrélation le classement du nb de passes réussies et du nombre de passes nécessaires pour un tir, on a assez nettement le delta le plus négatif du panel puisque l'on perd 18 places entre les 2. (Dunkerque perd 13 places entre les 2).
A l'opposé, noter la performance de Frosinone, leader de Serie B, qui a besoin de moins de passes par tir (15.7), que de tirs qu'elle déclenche par match (16.4) ! J'imagine que ce sont les rois de la transition.
Pour modérer et tempérer ce constat un peu tristoune, en réduisant le traitement au nombre de passes réussies dans le camp adverse - graphique ci-après - même si nous restons en haut de courbe (7ème, avec 18.4 passes nécessaires), nous retrouvons une place parmi les grands noms de la possession européenne (Paris et Bayern, 1er - 2ème), mais aussi Marseille dont le jeu est assez critiqué je crois cette saison, et nos amis norvégiens du Bodo/Glimt (5ème avec 19.5 passes pour un tir).

En conclusion
Notre équipe a indéniablement une capacité forte à conserver le ballon, néanmoins il semble que notre temps de préparation pour construire une action soit largement perfectible, notamment dans cette phase de transition entre notre camp et le camp adverse. Il est d'ailleurs assez surprenant de voir un volume de jeu aussi important dans notre propre moitié de terrain alors qu'un des principes de base voulu par Horneland est le contre-pressing et donc la récupération haute.
On peut également imaginer qu'une future charnière Lamba - Bernauer pourrait faciliter cette transition vers l'avant par une meilleure capacité à casser les lignes par la passe.
Par contre, au regard de ces éléments de comparaison, à ce stade, il ne semble pas illogique de considérer que l'équipe ronronne parfois, et qu'elle manque de prise d'initiative dans la verticalité.



