Le "PSG de L2": réflexion sur les attentes autour du club
Publié : 27 mai 2026, 13:01
Ca fait longtemps que j'ai envie d'aborder ce sujet ici, car depuis toujours j'ai cette sensation que l'un des problèmes les plus profonds au niveau de notre club et de son environnement, c'est un décalage important entre les attentes des gens, et les capacités factuelles du club à l'instant T.
Ce décalage peut d'ailleurs exister dans les deux sens. Mais il a toujours été présent. Nous avons énormément de mal, selon moi, à être en phase avec la réalité du club, alternant entre les excès de confiance et de résignation (cf le misérabilisme lors des dernières années RR). Et pour plusieurs raisons que je vais développer par la suite, je pense que c'est un vrai poids, un handicap pour notre club.
Petit préambule : je ne suis pas en train de dire ici qu'on n'était pas en droit et en possibilité d'attendre un maintien l'an dernier ou une montée directe cette année, eu égard à nos moyens. Kilmer est en échec sportif pour l'instant, c'est indéniable.
Je soutiens seulement qu'il serait important d'accorder nos attentes avec les FAITS, et que cette incapacité de tout l'environnement du club à le faire depuis 40 ans, est un vrai souci.
Partons d'un exemple concret et actuel, comme base de mon propos.
Le terme de "PSG de la L2", et ses conséquences nocives pour le club cette saison.
Je l'ai entendu dans la dernière vidéo de Molina, sur le bilan de la L2. Il a dit texto "Sainté qui termine 3ème de L2 avec son budget pharaonique, c'est comme si le PSG finissait 3ème de L1".
Je l'ai aussi lu ce matin dans le compte-rendu du match par Bernard Lions, dans l'Equipe. Ce qui est d'autant plus ironique, car il l'utilise pour critiquer l'équipe sur un match nul contre un club aux 120M€ de budget (contre 35M€ pour nous), et à la 5ème masse salariale de L1. Mais passons.
Je l'ai enfin entendu très souvent sur Bein, de la part de Clément Grèzes en particulier.
On parle donc ici d'un emploi par des médias et des personnalités d'influence, qui ont un impact sur l'opinion publique de masse, et donc sur l'environnement du club, nos joueurs, et aussi nos adversaires.
Or, de manière strictement factuelle, ce terme là a-t-il le moindre fondement ?
On va faire vite, avec des chiffres clairs.
En L1, le PSG a un budget de 850M€.
Le deuxième plus gros budgets, l'OM, a 260M€.
Et ensuite, ça va de 140M€ pour le troisième Monaco, à 25M€ pour le Havre.
Lens a 60M€.
On est donc sur un rapport de x3.3 par rapport au deuxième budget, et d'environ x6 et plus avec les autres poursuivants, pour le PSG.
Ca va jusqu'à x34 par rapport au Havre.
En L2, l'ASSE est à 35M€, quand les poursuivants ont respectivement 29M€, 21M€ et 20M€.
On est ici sur un rapport allant de x1,2 à x1,75, par rapport à nos concurrents les mieux lotis.
Le ratio de x6 qui existe entre le PSG et le 3ème budget de L1 (Monaco), en L2 c'est celui qui existe entre nous et... Boulogne, le plus petit budget de la division.
Bref, deux réalités sans la moindre comparaison possible. Si on va plus loin, l'écart de moyens entre nous et Guingamp ou Amiens, est beaucoup plus faible que celui entre nous et... Nice ! Il est également beaucoup plus faible que celui entre l'OM et Lens. Pourtant, personne ne répète jusqu'à l'overdose que c'est un fiasco énorme pour Nice de faire un 0-0 contre un club au budget 3,5 fois inférieur au sien.
En fait, les écarts de moyens en L2 sont beaucoup plus proches de ceux qu'on a en N1 entre Caen ou VA et les clubs lambda, que de ceux qui existent en L1 entre le PSG et les autres. Dit-on pourtant que Caen est le PSG du N1 ?
Mais vous me direz que le budget n'est pas le seul indicateur du pouvoir économique d'un club.
Et bien parlons de la masse salariale par exemple.
Celle du PSG est quasiment 3x supérieure à celle de son premier poursuivant marseillais, et plus de 4x supérieure à celle de ses autres poursuivants.
Nous, on n'est même pas la plus grosse masse salariale de L2 ! Reims est devant.
Montpellier et Troyes nous suivent avec un rapport de x1,3 environ en notre faveur.
Et ironie, Amiens est juste derrière (si on parle de fiasco pour nous, que dire des amiénois ?).
Là encore, on est sur des univers et ordres de grandeurs incomparables avec la L1 et le PSG. Même de très loin.
En conclusion, ce terme de PSG de L2 est factuellement une énorme connerie !
La question intéressante, une fois que ce fait est démontré, est de déterminer en quoi c'est un problème pour le club que cette fausse information soit autant répandue, et en quoi ça contribue à fausser nos attentes, encore une fois, en créant un environnement nocif.
1- Ca fausse notre jugement sur le travail du club et de ses dirigeants. La réalité de ces deux saisons, si on transpose les moyens du club aux résultats sportifs, c'est qu'on est effectivement sur une sous-performance globale, et un échec sportif. En revanche, j'ai souvent lu ici qu'on était sur un fiasco historique, l'une des plus grandes hontes de l'histoire de la L2, etc. Ce qui est évidemment plus qu'excessif, car sur le rapport proportionnel entre moyens et résultats, rien que cette saison, sur les 3 premières divisions FR, je peux citer une dizaine de clubs qui font pire que nous. Ca ne justifie pas nos échecs, mais quand même, ça permet de remettre en perspective.
2- Ca fait peser sur tout un club, et notamment les joueurs, le poids d'un statut plus lourd qu'il ne devrait l'être en réalité. Or ils n'ont pas forcément les épaules pour ça: dans les faits, nos joueurs n'ont rien en commun avec ceux du PSG même à l'échelle de la L2, et l'écart entre eux et les joueurs de nos concurrents, n'est pas du tout aussi grand que nos attentes le présupposent. Je pense que cette pression là et ce décalage ne leur rend pas service. Par extension, ça exalte aussi davantage la motivation de nos adversaires qui ont l'impression d'affronter le Real Madrid.
Je pense vraiment qu'il faudrait arriver à être exigeant et ambitieux, sans tomber dans l'excès et en restant en phase avec la réalité. Un club comme l'OM a souvent eu le même problème, et ça lui nuit beaucoup, comme nous.
Un exemple de ce décalage à géométrie variable, qui est négatif pour notre club:
Est-ce que parmi tous ceux qui parlent de honte et d'humiliation pour avoir fini derrière Le Mans, il y en a un seul qui estime que ce serait un merveilleux EXPLOIT de taper Nice et ses 120M€ de budget ?
Je pense que non. Mais je vous le demande : pourquoi ? Alors que les écarts sont a minima comparables. Pourquoi ça va dans un sens et pas dans l'autre ?
Vraiment, je pense qu'on sous-estime le poids de cet environnement autour du club.
Soyons ambitieux, critiques s'il le faut, tout en gardant du recul et de la lucidité sur la réalité, toujours.
Ce décalage peut d'ailleurs exister dans les deux sens. Mais il a toujours été présent. Nous avons énormément de mal, selon moi, à être en phase avec la réalité du club, alternant entre les excès de confiance et de résignation (cf le misérabilisme lors des dernières années RR). Et pour plusieurs raisons que je vais développer par la suite, je pense que c'est un vrai poids, un handicap pour notre club.
Petit préambule : je ne suis pas en train de dire ici qu'on n'était pas en droit et en possibilité d'attendre un maintien l'an dernier ou une montée directe cette année, eu égard à nos moyens. Kilmer est en échec sportif pour l'instant, c'est indéniable.
Je soutiens seulement qu'il serait important d'accorder nos attentes avec les FAITS, et que cette incapacité de tout l'environnement du club à le faire depuis 40 ans, est un vrai souci.
Partons d'un exemple concret et actuel, comme base de mon propos.
Le terme de "PSG de la L2", et ses conséquences nocives pour le club cette saison.
Je l'ai entendu dans la dernière vidéo de Molina, sur le bilan de la L2. Il a dit texto "Sainté qui termine 3ème de L2 avec son budget pharaonique, c'est comme si le PSG finissait 3ème de L1".
Je l'ai aussi lu ce matin dans le compte-rendu du match par Bernard Lions, dans l'Equipe. Ce qui est d'autant plus ironique, car il l'utilise pour critiquer l'équipe sur un match nul contre un club aux 120M€ de budget (contre 35M€ pour nous), et à la 5ème masse salariale de L1. Mais passons.
Je l'ai enfin entendu très souvent sur Bein, de la part de Clément Grèzes en particulier.
On parle donc ici d'un emploi par des médias et des personnalités d'influence, qui ont un impact sur l'opinion publique de masse, et donc sur l'environnement du club, nos joueurs, et aussi nos adversaires.
Or, de manière strictement factuelle, ce terme là a-t-il le moindre fondement ?
On va faire vite, avec des chiffres clairs.
En L1, le PSG a un budget de 850M€.
Le deuxième plus gros budgets, l'OM, a 260M€.
Et ensuite, ça va de 140M€ pour le troisième Monaco, à 25M€ pour le Havre.
Lens a 60M€.
On est donc sur un rapport de x3.3 par rapport au deuxième budget, et d'environ x6 et plus avec les autres poursuivants, pour le PSG.
Ca va jusqu'à x34 par rapport au Havre.
En L2, l'ASSE est à 35M€, quand les poursuivants ont respectivement 29M€, 21M€ et 20M€.
On est ici sur un rapport allant de x1,2 à x1,75, par rapport à nos concurrents les mieux lotis.
Le ratio de x6 qui existe entre le PSG et le 3ème budget de L1 (Monaco), en L2 c'est celui qui existe entre nous et... Boulogne, le plus petit budget de la division.
Bref, deux réalités sans la moindre comparaison possible. Si on va plus loin, l'écart de moyens entre nous et Guingamp ou Amiens, est beaucoup plus faible que celui entre nous et... Nice ! Il est également beaucoup plus faible que celui entre l'OM et Lens. Pourtant, personne ne répète jusqu'à l'overdose que c'est un fiasco énorme pour Nice de faire un 0-0 contre un club au budget 3,5 fois inférieur au sien.
En fait, les écarts de moyens en L2 sont beaucoup plus proches de ceux qu'on a en N1 entre Caen ou VA et les clubs lambda, que de ceux qui existent en L1 entre le PSG et les autres. Dit-on pourtant que Caen est le PSG du N1 ?
Mais vous me direz que le budget n'est pas le seul indicateur du pouvoir économique d'un club.
Et bien parlons de la masse salariale par exemple.
Celle du PSG est quasiment 3x supérieure à celle de son premier poursuivant marseillais, et plus de 4x supérieure à celle de ses autres poursuivants.
Nous, on n'est même pas la plus grosse masse salariale de L2 ! Reims est devant.
Montpellier et Troyes nous suivent avec un rapport de x1,3 environ en notre faveur.
Et ironie, Amiens est juste derrière (si on parle de fiasco pour nous, que dire des amiénois ?).
Là encore, on est sur des univers et ordres de grandeurs incomparables avec la L1 et le PSG. Même de très loin.
En conclusion, ce terme de PSG de L2 est factuellement une énorme connerie !
La question intéressante, une fois que ce fait est démontré, est de déterminer en quoi c'est un problème pour le club que cette fausse information soit autant répandue, et en quoi ça contribue à fausser nos attentes, encore une fois, en créant un environnement nocif.
1- Ca fausse notre jugement sur le travail du club et de ses dirigeants. La réalité de ces deux saisons, si on transpose les moyens du club aux résultats sportifs, c'est qu'on est effectivement sur une sous-performance globale, et un échec sportif. En revanche, j'ai souvent lu ici qu'on était sur un fiasco historique, l'une des plus grandes hontes de l'histoire de la L2, etc. Ce qui est évidemment plus qu'excessif, car sur le rapport proportionnel entre moyens et résultats, rien que cette saison, sur les 3 premières divisions FR, je peux citer une dizaine de clubs qui font pire que nous. Ca ne justifie pas nos échecs, mais quand même, ça permet de remettre en perspective.
2- Ca fait peser sur tout un club, et notamment les joueurs, le poids d'un statut plus lourd qu'il ne devrait l'être en réalité. Or ils n'ont pas forcément les épaules pour ça: dans les faits, nos joueurs n'ont rien en commun avec ceux du PSG même à l'échelle de la L2, et l'écart entre eux et les joueurs de nos concurrents, n'est pas du tout aussi grand que nos attentes le présupposent. Je pense que cette pression là et ce décalage ne leur rend pas service. Par extension, ça exalte aussi davantage la motivation de nos adversaires qui ont l'impression d'affronter le Real Madrid.
Je pense vraiment qu'il faudrait arriver à être exigeant et ambitieux, sans tomber dans l'excès et en restant en phase avec la réalité. Un club comme l'OM a souvent eu le même problème, et ça lui nuit beaucoup, comme nous.
Un exemple de ce décalage à géométrie variable, qui est négatif pour notre club:
Est-ce que parmi tous ceux qui parlent de honte et d'humiliation pour avoir fini derrière Le Mans, il y en a un seul qui estime que ce serait un merveilleux EXPLOIT de taper Nice et ses 120M€ de budget ?
Je pense que non. Mais je vous le demande : pourquoi ? Alors que les écarts sont a minima comparables. Pourquoi ça va dans un sens et pas dans l'autre ?
Vraiment, je pense qu'on sous-estime le poids de cet environnement autour du club.
Soyons ambitieux, critiques s'il le faut, tout en gardant du recul et de la lucidité sur la réalité, toujours.