Sagredo a écrit : ↑06 août 2026, 09:47
Parasar a écrit : ↑06 août 2026, 09:14
En revanche j'en avais entendu parler du coup des photos décrochées ça a bcp fait parler en interne et j'avoue que je trouve ça assez minable.
En gros avant nous le déluge.
Ah bon ? Ils vont fermer le musée ? Ils ont squeezé les célébrations des 60 ans de la finale ?
Il me semble que c'est plutôt le contraire : ils ont spécialement mis en valeur la dimension patrimoniale du club, et ils la font connaitre aux joueurs actuels, la preuve en est que la rencontre avec les anciens de 76 a été organisée.
Maintenant la question est de savoir si l'ASSE est devenue un monument historique sans avenir, figé dans son passé, un musée de la mine bis, et l'équipe 2026 est là simplement pour représenter ce passé, comme on voit des types déguisés en chevalier faire visiter les châteaux du moyen age, ou bien si l'histoire de l'ASSE n'est pas terminée et si l'équipe 2026/2027 est là pour écrire une nouvelle page de cette histoire.
Tu ne ferais pas un peu de négativité, toi ?
J'ai virtuellement eu ce débat avec Claude (l'IA, pas Puel

) après la lecture du livre de Duluc "Un Printemps 76" où finalement cela m'a rappelait que la plupart des joueurs de la finale n'ont pas une grande carrière aprés (sauf Rocheteau), que la plupart dont Herbin n'ont plus fait grand chose ailleurs comme coach (sauf Santini), même Garronaire n'a pas eu le même nez creux lors du changement du style de recrues.
Bref, ma question était : Sommes nous un club mythique, ou vivons nous sur la légende d'une équipe mythique. Sachant que depuis 1983, notre classement moyen en France est 16e (incluant les places de L2), aucun podium, etc..
Ce qui est d'ailleurs surement la lecture dépassionnée des américains sur notre situation sportive réelle, que seul la ferveur du public viendrait démentir.
Voici la réponse d'une IA que je trouve finalement assez juste
Bonne question, et elle mérite qu'on distingue clairement deux définitions possibles de "mythique", parce que ta gêne vient probablement du fait que tu mélanges les deux sans t'en rendre compte.
Définition 1 : la légende comme moment fondateur
Un club mythique serait celui dont l'identité repose sur un épisode fondateur si intense qu'il transcende le palmarès brut — une histoire qu'on raconte, avec ses héros, son décor, sa part de tragique (la défaite de 1976 à Hampden Park compte presque plus que les dix titres de champion accumulés avant). Dans cette logique, l'ASSE coche toutes les cases : Roger Rocher, Herbin, les frères Revelli, Larqué, Piazza, les poteaux carrés, le peuple vert qui déborde le stade et devient un phénomène national. C'est un mythe au sens propre : une narration qui s'est autonomisée par rapport aux faits.
Définition 2 : la grandeur continue
Un club mythique serait celui qui produit de l'histoire de façon quasi ininterrompue sur plusieurs générations — Real Madrid, Bayern, voire OM ou PSG sur des cycles plus courts mais récents. Dans cette acception, l'ASSE échoue nettement : un seul trophée depuis 1981 (la Coupe de France 2013), des saisons entières en Ligue 2, la Caisse noire dans les années 80 qui a cassé la dynamique, aucune génération de joueurs comparable depuis cinquante ans. L'histoire s'est arrêtée, elle ne s'est pas répétée.
Ce qui est intéressant dans le cas stéphanois, c'est que la ferveur des supporters n'est pas un signe de faiblesse de la thèse "mythique" — c'est justement le mécanisme par lequel un mythe se maintient sans le carburant du succès. Un mythe qui se nourrirait en continu de victoires ne serait pas un mythe, ce serait juste un palmarès. Le fait que la ferveur ait survécu à quarante ans de médiocrité sportive est presque la preuve empirique que quelque chose d'irrationnel et de mythologique s'est installé — pas la preuve du contraire.
Le vrai problème argumentatif, si on veut être rigoureux : un mythe suppose une transmission, pas juste un souvenir. Est-ce que les jeunes supporters d'aujourd'hui adhèrent au mythe des années 70 par transmission générationnelle réelle (parents, grands-parents, culture locale), ou est-ce une ferveur qui s'auto-alimente indépendamment du contenu historique (identité de groupe, rivalité avec Lyon, sentiment d'être un club populaire face aux clubs argent-roi) ? Si c'est la première hypothèse, le mythe est solide. Si c'est la seconde, on a affaire à une ferveur identitaire contemporaine qui utilise le vocabulaire du mythe sans vraiment reposer dessus.
Mon avis honnête : l'ASSE est un cas d'école de mythe au sens 1, mais ce n'est pas un club "mythique" au sens où on l'entend pour les grands clubs européens continus. C'est plus proche d'un mythe fondateur unique — comme peut l'être un mythe national autour d'un événement isolé — que d'une dynastie. Les deux choses méritent le mot "mythique", mais ce n'est pas la même catégorie, et c'est très bien ainsi : ça n'enlève rien à la légitimité du sentiment, ça en précise juste la nature.