Je connais bien la problématique : je suis gestionnaire forestierOn rit Point a écrit : ↑03 oct. 2026, 14:53La forêt de mon enfance, essentiellement constitué de Pins d’Auvergne, n'existe plus, ravagée par :Druss a écrit : ↑03 oct. 2026, 13:31Il y plusieurs types de "forêts" en fonnction du climat. Sous nos latitudes, on va trouver en gros, feuillus, conifères, et matorrals (massifs buissonants, arbustes. guarigues et macquis)inconnuvert a écrit : ↑03 oct. 2026, 08:58Étrange pour la forêt. Quand j'étais étudiant ( ça date, à l'époque 35 degrés c'etait tres chaud, et il y avait encore du ski de fond pendant 2 mois dans le Pilat), le paysage naturel c'etait la forêt. C'est à dire si 0 agriculteur tout serait en forêt. J'avais même fait une partie de mon mémoire sur cette problématique avec la forêt qui "menaçait" les paysages .___ a écrit : ↑03 oct. 2026, 08:52 A propos de sécheresse : Dominique Bourg rappelait cette semaine sur France Culture que la sécheresse de 76 avait fait suite à un hiver particulièrement sec. La sécheresse de 2026, elle, fait suite à un hiver parmi les plus pluvieux jamais enregistrés...
Selon lui toujours, si j'ai bien retenu (pas pris de note, mais podcast facile à retrouver) d'ici 25 ans, il pourrait ne nous rester que 30 à 40% du couvert forestier actuel.
L’Espagne a par exemple une couverture forestière supérieure à la notre (41 vs 32%) ce qui la place au 3 ou 4e rang européen (derrière la Suède ou la Russie). C’est contre-intuitif quand on compare les climats mais c’est en grosse partie parce que leurs forêts sont composées de matorrales (31% vs 1% en France).
Selon moi, le risque n’est pas la disparition des forêts en France. Il y en aura toujours. Mais avec la remontée de la frontière climatique méditerranéene (7km par an), on va avoir de plus en plus de forêts de type "ibériques" chez nous. A cotnrario, les forets de conifères risquent de disparaître ou de reculer encore plus sur les hauteurs avec le temps. Et il y aura bien évidemment une augmentation des incendies qui accélèreront ces changements de peuplements forestiers.
- Les orages de grêle
- Les chenilles processionnaires.
Effectivement, il faut oublier les forêts de notre enfance : les résineux (sapin et épicéa) sont en train de dépérir avec un fort taux de mortalité (50% dans certains coins de France). D'autres arbres de bord de cours d'eau (Aulne, chênes pédonculés) meurrent d'été trop secs et trop longs.
Les arbres sont également fortement affaiblis par le réchauffement climatique : des températures douces qui arrivent trop tôt les font débourrer dès février, mais si un épisode de froid classique arrive, ça entraine un gel de ces jeunes pousses et les arbres doivent alors re-provoquer une seconde pousse, prenant du retard avant l'été. Des températures trop chaudes (au delà de 40°C) et un certain nombre d'arbres se mettent en dormance pour se protéger de l'évapotranspiration.
Sur les Pyrénées-Orientales, les chataigniers qui poussaient entre 200 et 500m d'altitude sont tous en train de crever... Aujourd'hui, leur aire de répartition sont plutôt entre 600 et 900m... mais demain.
Nous allons vers une grande incertitude sur l'évolution des peuplements, mais une chose est sûr, ça va changer, avec effectivement une végétation qui va devenir davantage de type "maquis-garrigue".
En 2010-2011, je faisais planter du cèdre méditerranéen et du micocoulier autour de Besançon, pour anticiper les bouleversements climatiques.
Pour les forestiers, qui ont l'habitude d'avoir une vision sur 20 à 50 ans, aujourd'hui, l'avenir est une grande inconnue... personne ne sait où on va.



