Je cite donc le début de la réponse du cas pratique :
"Le but est refusé car la faute du défenseur B (acte de brutalité) est plus grave"
S'il y a bien une chose de certaine c'est que le but ne peut-être considéré comme valide au regard des lois du jeu.
Mais que vient faire là dedans la faute du défenseur B ? Rien à voir, aucun lien de causalité.
Même s'ils appliquent une partie de texte sur laquelle je vais revenir, c'est une rédaction malheureuse.
Loi du jeu 13 (coup franc)
https://downloads.theifab.com/downloads ... ubles?l=fr
Page 140
Le ballon :
• doit être immobile et l’exécutant ne doit pas retoucher le ballon avant que celui-ci n’ait été touché par un autre joueur ;
• est en jeu dès qu’il a été botté et a clairement bougé.
Il s'agit de l'interdiction du double contact sur un coup franc, le texte est général et ne fait aucune exception. Si l'exécutant retouche de la tête ou d'une autre partie du corps. Il y a faute, c'est tout.
D'autant que la précision du quizz suivant laquelle il se lève la balle à 1m50 avant de jouer le ballon de la tête, me paraissait bien faire comprendre qu'il y a un double contact bien distinct du même joueur, donc faute.
Comme j'aime comprendre d'où peuvent provenir les confusions, je pense que c'est d'un autre passage de la loi 13 :
Un coup franc peut être exécuté en levant le ballon d’un pied ou des deux pieds.
Bien entendu, un premier joueur peut se contenter de lever la balle, (avec éventuellement les deux pieds, ce que je n'ai jamais vu à titre personnel), mais cela n'est pas fait pour la retoucher lui-même (double contact interdit), mais pour en faire bénéficier un coéquipier.
La solution à y apporter est prévue par le texte :
Si, une fois que le ballon est en jeu, l’exécutant retouche le ballon avant que celui-ci ait été touché par un autre joueur, un coup franc indirect est accordé.
Ensuite, on doit analyser l'incidence de la faute du défenseur adverse.
Je comprends bien l'idée du concepteur du cas pratique, appeler l'élève à faire usage de la notion de fautes simultanées :
Dans la loi 5, sur l'arbitre :
Approche disciplinaire
• sanctionne la faute la plus grave – en termes de sanction, reprise du jeu, gravité physique et impact tactique – quand plusieurs fautes se produisent en même temps ;
Le problème est que c'est inapplicable à l'espèce puisque les deux fautes ne sont pas commises en même temps.
Il y a un écart temporel assez grand et même marqué par un changement d'état, la faute du double contact est constituée au moment de son fait générateur, le second contact. C'est à ce moment que l'arbitre doit siffler faute et arrêter le jeu. La brutalité, elle, est constituée après l'arrêt du jeu, lorsque la balle lobe le mur dixit leur choix d'énoncé.
Pour donner un exemple de fautes simultanées réciproques, un joueur A conduit sa balle, un joueur B lui tire le maillot sans le lâcher, le joueur A lui donne un violent coup de coude intentionnel.
Le tirage de maillot pour reprendre une expression de droit pénal est au sens des lois du jeu, une infraction continue. Cela signifie qu'elle ne se matérialise pas en un point précis, début du tirage de maillot, mais dans toute la période du tirage de celui-ci. Si un tirage de maillot commence avant la surface de réparation et se prolonge dans celle-ci, on considérera que l'infraction s'est étendue jusque dans la surface donc péno.
Sur une échelle de temps, cette infraction serait matérialisée par un trait, du début à la fin du tirage de maillot.
A l'inverse du coup de coude, qui lui est une infraction instantanée, contact du coude sur le visage de l'adversaire peut se matérialiser par un point. Si le coup de coude survient alors même que le tirage de maillot est en cours, il y aura superposition du point du coup de coude avec un point de la ligne de temps du tirage de maillot, donc "en même temps" caractérisé.
L'acte de brutalité étant plus grave physiquement pour reprendre le texte, l'arbitre devra sanctionner en priorisant cette faute.
Si le quizzeur

veut compliquer les choses, il mettra une faute plus bégnine qu'un acte de brutalité en parallèle, et pourrait s'appliquer pour prioriser une faute par rapport à l'autre, la notion d'impact tactique, quelle faute est plus influente sur le jeu ?
En fonction, tout cela peut devenir plus compliqué et on peut tomber dans une zone grise d'appréciation de l'arbitre.
Ce qui est certain une nouvelle fois, parce que les anciens rédacteurs des lois du jeu avaient un certain niveau, c'est qu'un arbitre porté par son seul bon sens a plus de chance de tomber sur la bonne solution qu'un autre complètement désorienté par une mauvaise formation l'ayant éloigné de celui-ci.