martien a écrit : ↑04 févr. 2026, 13:05
stig42 a écrit : ↑04 févr. 2026, 12:35
Je suis plutôt team Martien concernant la qualité du recrutement et donc de l'effectif. J'ajouterais toutefois deux choses. Conserver nos meilleurs éléments était un gros coup, mais force est de constater après cette première partie de saison, que ce choix ne s'est pas avéré payant du tout. Ekwah n'a pas joué une minute et il manquait clairement un joueur de son profil au milieu de terrain. Stassin n'a été que l'ombre de lui même. Seul Zuriko a été à la hauteur, même si assez inconstant. Et on ne connait pas vraiment l'impact qu'ont pu avoir les états d’âme des uns et des autres sur le collectif. On peut juste constater que le collectif a été déficient ces dernières semaines.
Et la 2ème chose qu'on peut voir, c'est qu'on semble prendre pas mal de risques en recrutant des joueurs en délicatesse physiquement. Ça n'a pas vraiment fonctionné pour Lamba. Je me demande ce que ça va donner avec Kanté et Soumahoro.
Tout à fait. On peut très bien soutenir l'idée qu'il fallait mieux se séparer des joueurs qui voulaient partir quitte à perdre en qualité, et tout reconstruire. Je ne sais pas si ça aurait mieux fonctionné, mais ça n'aurait pas non plus été facile de remplacer des mecs comme Stassin et Zuriko en L2. Le choix ambitieux des dirigeants était dès lors compréhensible et salué d'ailleurs par la quasi totalité du forum à l'époque, mais effectivement quand on voit la saison de Stassin on peut dire que ça n'a pas, pour l'instant, porté les fruits espérés.
En fait la trame de fond de mon discours, c'est juste de dire qu'on devrait passer moins de temps à discuter de la qualité des recrues et du recrutement en général car le problème de fond de notre équipe est ailleurs. Et je ne pense pas que ce problème puisse se régler en empilant plein d'autres joueurs cet hiver, aussi bons fussent-ils.
Si on parle de qualité brute, rien qu'avec une attaque Stassin-Cardona-Davitashvili + Boakye tu dois battre des records de buts en L2, or aujourd'hui on n'arrive même plus à en planter un contre des équipes de deuxième partie de classement, ou en étant en supériorité numérique. Problème de qualité qu'il faut combler avec le recrutement ? Ou c'est autre chose ?
Analyse du recrutement et de la dynamique sportive
J’analyserai le recrutement selon plusieurs critères :
la capacité des joueurs à s’insérer dans le système voulu par le coach, leurs qualités intrinsèques (réelles ou supposées), ainsi que la dynamique collective et individuelle.
Le système souhaité par Horneland est à la fois très énergivore et fortement déséquilibrant. Il est pensé pour marquer plus que l’adversaire. Or, depuis le match de Guingamp, l’équipe a perdu ses certitudes quant à ce que le coach cherche réellement à mettre en place. Les latéraux ont énormément souffert, notamment face à des attaquants et milieux plongeants, ce qui a mis en lumière une fébrilité collective. Cette fragilité a progressivement envahi le groupe, installant un doute profond à la fois sur la tactique proposée et sur la capacité du coach à faire progresser cet effectif.
Recrutement et préparation physique
La qualité du recrutement, tant des joueurs que du staff lié à la performance, interroge fortement. Peu de joueurs semblent aujourd’hui en capacité d’exister durablement à ce niveau.
Sur les côtés, les latéraux sont clairement en situation d’échec.
Ferreira, malgré certaines qualités, est pénalisé par une mauvaise gestion émotionnelle. Ses prestations sont minées par de la suffisance, des erreurs de lecture de jeu et un mental qui semble limité.
Annan apparaît très limité tactiquement et moins à l’aise techniquement, d’autant plus dans un système aussi exigeant que celui voulu par Horneland. Aucun des deux ne s’est imposé durablement dans un club de bon niveau, et leurs limites apparaissent aujourd’hui au grand jour.
Dans l’axe, Lamba et Bernauer présentent des profils différents, mais un point commun : les blessures.
Bernauer est un beau joueur, mais pas un bon joueur au sens strict : trop sujet aux erreurs défensives et aux sauts de concentration.
Lamba semble offrir davantage de garanties sportives, mais sa fragilité physique est devenue un problème majeur, alors que ce n’était pas spécialement le cas au Portugal, malgré une opération et une période de récupération et d’athlétisation très longue.
Les jeunes Stojkovic et Traoré, ce dernier également blessé, apparaissent encore très loin du niveau requis.
Au milieu, Jaber montre de réelles qualités mais s’est lui aussi blessé, dans un secteur déjà très pauvre en joueurs d’expérience. On retrouve Tardieu, Moueffek, et plusieurs jeunes (Miladinovic, Eymard, Gadegbeku).
L’absence d’Ekwah, qui devait être la clé de voûte du système, a profondément déséquilibré le projet.
Stassin est en difficulté après une préparation tronquée et peine à retrouver la confiance qui était la sienne la saison passée. Cardona semble l’avoir rejoint dans ses tourments mentaux.
Duffus constitue une bonne surprise, mais reste trop souvent freiné par des soucis physiques.
La cellule performance était censée réduire l’impact des blessures, et l’arrivée d’un psychologue améliorer la prise en charge des doutes mentaux des joueurs. À ce stade, les effets ne sont pas visibles.
Dynamique collective et leadership
La dynamique collective est clairement atteinte. Entre les déclarations des joueurs et celles de Horneland évoquant des éclats de voix après le match de Reims, il semble évident que le lien entre le groupe et le coach s’est rompu, dans un sens comme dans l’autre. La déclaration d’après-match à Reims illustre parfaitement cette fracture : le coach ne semblait plus croire en ses joueurs, et inversement. Le match de Boulogne a conforté cela avec une entraineur en partance et un groupe en déliquescence.
Les leaders supposés du vestiaire ne le sont plus que devant les micros. Ils sont incapables d’impulser une révolte, une énergie susceptible de changer le cours d’un match. Il manque aujourd’hui des marqueurs individuels forts capables de relier les joueurs entre eux, ainsi qu’une véritable ligne directrice collective.
Le talent individuel de la majorité de l’effectif ne s’exprime pas, à l’exception notable de Davitashvili. À l’inverse, les jeunes apportent une fraîcheur que les cadres – Larsonneur, Tardieu, Cardona, voire Appiah – ne semblent plus en mesure de porter dans un groupe clairement fissuré.
Conclusion et perspectives
À ce jour, le recrutement des joueurs comme celui du staff lié à la performance ne peut pas être considéré comme une réussite.
Montanier devra impérativement remettre le groupe dans des dispositions mentales et physiques optimales, améliorer le travail avec la cellule performance, s’appuyer sur un système plus simple et plus lisible pour les joueurs, et surtout recréer un élan collectif en s’appuyant sur les recrues disponibles du mercato d'hiver en une dizaine de match, à mon avis, les dirigeants se sont réveillés trop tard, un mois trop tard à mon avis