zigzag a écrit : ↑06 juin 2026, 08:29
tartifle74 a écrit : ↑06 juin 2026, 07:46
Sunning a écrit : ↑05 juin 2026, 12:08
Thomi a écrit : ↑04 juin 2026, 22:45
Et Reeeee pub
Je vois pas le problème. Moi c’est plutôt les trucs entre les pubs qui me dérangent: n’importe quoi des mecs en orange et bleus qui court. Ridicule heureusement que ça dure pas longtemps.
Ce n'est que le début. Et comme ça n'émeu personne.. pas de raison de s'arrêter en si bon chemin. Bientôt ce sera de la pub pendant un arrêt dû à la VAR, ou alors ils décideront que 3 mn sont insuffisantes et mettront 5 mn de "pause fraicheur", voire 1/4 d'heure et ainsi copier le basket où la nouvelle règle est passée café-crème. Ce foot marketing me débecte de plus en plus.
Tellement évident, tellement prévisible, je l'avais prédit voilà il y a des années. La prochaine frontière c'est celle-là, tenter de conquérir le marché américain par la pub. Tiers-temps, temps mort accordé aux entraîneurs un par tiers temps, var à rallonge, etc, etc... Fragmenter au maximum le temps de jeu pour que la retransmission s'étale sur 3 heures.
Zigzag, le soccer, dans sa diffusion outre-Atlantique, inclut déjà des minis écrans publicitaires de quelques secondes dès qu'il y a un arrêt de jeu qui dure un peu. Effectivement, tous les sports US sont calibrés pour le faire plus ou moins mais ils savent aussi s'adapter à leur époque et par exemple au baseball, le lanceur est depuis quelques années soumis à un chrono, justement pour que les retransmissions ne s'éternisent pas.
En 1994, l'impact du Mondial avait été minimal aux Etats-Unis. A l'époque c'était encore vu comme un "sport d'immigrants qui feraient mieux de laissser leur folklore derrière eux et s'intégrer completement pour devenir de vrais Américains". D'ailleurs dans les grosses agglomérations, une partie des clubs de soccer amateur avaient une origine "communautaire". Même au Canada qui a toujours été beaucoup plus tolérant avec le concept de "double-nationalité", c'était pareil. Plus de 30 ans plus tard, la MLS semble avoir enfin décollé (enfin, elle a enfin réussi à quitté le sol pour de bon sans crash au décollage) les petits Américains qui jouent au foot en club ne sont font plus traiter que rarement de "fillettes "ou de termes à connotation homophobe par leurs petits camarades) mais dans les faits, la coupe du monde, si elle est évidemment un évenement majeur ("word-class event") ne va pas faire de miracles sur place et surtout ne va pas "conquérir" grand chose, au mieux elle va aider à augmenter un peu la part de marché de la MLS, ce qui ne serait déjà pas si mal.
Le marché américain des sports collectifs professionnels il est déjà saturé : il y a le basketball, le foot américain (tous les deux avec une audience mondiale) le hockey qui intéresse maintenant même les gens qui vivent dans des régions où il ne neige jamais... et le roi incontesté de l'été reste le baseball. Je sais, ça fait plusieurs décennies que j'entends ou que je lis dans des media européens que "le baseball est en déclin en Amérique du Nord" sauf que non, il ne l'est pas et qu'aux dernières nouvelles la franchises de vendeurs de casquettes qui s'appellent "New YorkYankees" est évaluée à 8.6 milliards de dollars alors qu'ils ont seulement gagné 2 championnats au 21e siècle. A titre de comparaison, une franchise de MLS vaut actuellement 750 millions de dollars en moyenne. En Amérique du Nord, il y a encore un gouffre entre le soccer et les sports qu'il prétend être en mesure de concurrencer. Et la MLS, oui elle progresse chaque année, mais c'est aussi parce qu'elle est partie de zéro en 1996, et que les premières années ont été plutôt chaotiques. Il y a des signes positifs, par exemple que le NYFC se construise un stade à Flushing, c'est bien que le City Group y croit mais en même temps, vu le bassin de population sur place...
Quand j'étais petit j'habitais en Amérique du Nord et un ancêtre de la MLS existait déjà. Cette ligue professionnelle de soccer s'appelait la "NASL". Elle avait démarré en fanfare au mileu des années 1970 en attirant des stars mondiales du ballon rond (le plu souvent en fin de carrière) comme Cruyff, Pelé, Beckenbauer, Gerd Muller, Eusebio, Chinaglia... Le club de New York s'appelait le Cosmos et il ne fut pas loin d'être un phénomène médiatique dans les années 1976-78. Le club de Montréal s'appelait le Manic, on regardait les matches à la télé avec mon papa et il y avait déjà des mini écrans publicitaires pendant les arrêts de jeu. Les Américains avaient aussi placé la ligne de hors-jeu aux 35m plutôt qu'à la moitié du terrain (pour qu'il y ait plus de buts...) et ça avait beaucoup énervé la FIFA. Les "pelouses" étaient le plus souvent "synthétiques" à part dans des bleds come Fort Lauderdale et ça aussi, ça avait le don d'irriter la FIFA. Un automne, le Manic avait joué un match de séries devant 58000 spectateurs sur la moquette, pardon la "pelouse synthétique" du stade olympique de Montréal. J'y étais. Après ce stade n'était vraiment pas conçu pour le foot. Il n'était vraiment pas conçu pour le baseball non plus. On pourrait même dire qu'il n'était conçu pour aucun sport en général parce que quelle que la soit la tribune où l'on se trouvait, on avait toujours l'impression d'être à 12km du terrain. L'été d'après, Jean-François Larios était venu faire une pige au Manic, sinon le gros de l'effectif était constitué de joueurs britanniques venus du 2e et 3e échelon du championnat d'Angleterre, cherchant probablement à se faire un billet.
A l'époque, les sports "majeurs" traditonnels en Amérique (NBA, NFL, NHL et surtout MLB -le baseball) avaient très mal vécu cette émergence soudaine d'une ligue de soccer professionnelle et, en résumé, avaient tout fait pour lui mettre des bâtons dans les roues. Puis la récession de 1981-82 avait frappé... La NASL a disparu deux trois ans plus tard, dans une indifference quasi générale.
Bien sûr, la situation est différente aujourd'hui. Le soccer n'est plus vu comme "un sport de filles" ou un sport "ennuyeux comme un film européen". Je pense que la MLS est destinée à rester et
ze current owner of the Association Sportive de St-Etienne y est d'ailleurs pour quelque chose, là où les propriétaires de clubs sportifs à Toronto des années 1970 voyaient le soccer comme un concurrent à abattre. Par contre il reste illusoire de penser que le soccer va un jour conquérir l'Amérique du Nord. Même avec 3 tiers-temps. Même avec Messi en pré-retraite en Floride. Même en le répétant comme un mantra. Parce que là-bas et ici, ça restera toujours deux mondes différents.
Dans les années 1980, le concurrent de Bruce Springsteen aux Etats-Unis s'appelait John Cougar Mellencamp. Ils vendaient sensiblement le même nombre de disques, ils passaient sur les mêmes radios, ils jouissaient également tous les deux d'un gros capital sympathie. Pour faire monter la mayonnaise, on tentait donc de les opposer dans les media mais les deux intéressés restaient soigneusement à l'écart de toute polémique. (Mellencamp était une sorte de vague cousin germain sudiste progressiste de Springsteen). Donc, le boss est devenu une megastar en Europe ces années-là -par contre Mellencamp lui, n'a jamais réussi a vendre des disques sur le vieux continent. Les maisons de disques américaines se grattaient la tête...
Mais pourquoi les frogs, limeys krauts et autres wops vénèrent Bruce et que dans le même temps son challenger John Cougar il a du mal à vendre 3 albums dans la même semaine là-bas ? Pourquoi le Bruce est une star mondiale et Mellencamp est seulement une star américaine ? Pourquoi, hein,on comprend pas... Ben, peut-être parce que Mellencamp en Europe était perçu différemment. Peut-être parce que ce qui est vrai en Amérique du Nord, n'est pas nécessairement vrai dans le reste du monde.
Et inversement. Et les media européens feraient bien de s'en souvenir ces jours-ci, quand ils évoquent le mondial 2026 et y voient "la preuve indéniable que le foot est en train de conquérir pour de bon l'Amérique du Nord".