alanvert a écrit : ↑15 mai 2026, 10:52
Albert Duronquarré a écrit : ↑14 mai 2026, 22:59
Très beau documentaire.
Les larmes de Larqué, de Santini

et surtout les témoignages des stéphanoises et des stéphanois. Tout le contexte de l'époque. Impossible d'y être insensible.
C'est tellement authentique et sincère à comparé de ce qu'il se fait aujourd'hui et depuis 25 ans dans le sport.
De ce point de vue, ça ne peut pas être reproduit.
C'est un beau documentaire, en effet. Mais je ne comprends pas trop le "tellement authentique et sincère comparé à ce qui se fait aujourd'hui dans le sport". Le monde , le pays, la société dans lesquelles nous vivons ont changé, c'est certain. Mais je suppose qu'en 1976, le monde de 1926 devait également paraître très très lointain et différent à Larqué, Santini et à tous les habitants de Sainté. C'est comme ça, ça se passe toujours comme ça. Et je ne comprends pas trop le "depuis 25 ans", parce que je n'arrive pas à me souvenir d'un évènement marquant/"point de rupture" qui s'est produit en 2001 dans le monde du sport (ou du foot pro) qui pourrait te faire dire ça. Il y a 25 ans, l'arrêt Bosman avait déjà fait bien des ravages, l'inflation des salaires et des budgets des clubs (ayant les moyens de leurs ambitions ou pas) faisait déjà partie du décor, les "stars" étaient déjà depuiis un moment des personnalités médiatiques capables du meilleur comme du pire en dehors du terrain comme sur le terrain -bien avant Knysna 2010, l'équipe de France avait déjà subi une certaine humiliation médiatique au mondial 2002.
Il y a cet échange bien connu entre Fitzgerald et Hemingway qui date d'une centaine d'années. Le premier, plus jeune, est fasciné par la grande bourgeoisie américaine. Il dit au second : "
les riches sont différents" et Hemingway lui répond "
oui ils sont différents , la différence c'est qu'ils ont plus d'argent". On pourrait dire ça du foot d'aujourd'hui : c'est à peu près la même limonade que dans les années 1970, un sport populaire que l'on suit semaine après semaine comme un feuilleton et dans lequel on applaudit les notres et on n'a pas beaucoup d'égard pour les équipes concurrentes. La différence est uniquement financière et donc, oui, elle est de taille. Parce que les enjeux qui existaient déjà en 1976 pour un club (gagner le match, le championnat ou la coupe, se qualifier pour l'Europe ou au contraire ne pas finir relégué, réussir ses ventes et ses achat de joueurs...) comme pour le footballeur ( marquer quand on est avant-centre, ne pas faire d'erreur grossière quand on est gardien, obtenir du temps de jeu, trouver un club plus ambitieux ou simplement trouver un club...) Aujourd'hui, il y a tellement tellement plus d'argent en jeu et donc les enjeux deviennent beaucoup beaucoup plus gros. Et les dérives du foot pro des années actuelles ne sont que la conséquence directe de cette place prise par l'aspect "financier" du football" : merchandising outrancier, prix des places en nette augmentation particulièrement ches les cadors du foot européen, matches diffusés en pay-per-view,
personal branding du sportif qui doit lui aussi faire fructifier son image dans les media parce qu'une carrière ne dure pas éternellement et qu'après tout, c'est lui la star du show, pourquoi ne devrait-il pas en profiter lui aussi.
Le truc c'est que la nostagie nous fait embellir le passé. Le truc, c'est que ce foot d'aujourd'hui dont on condamne le côté formaté, le côté vénal, le côté jeux du cirque... Il a en fait été enfanté dans les années 1970 -tout était déjà en place, peut-être un peu moins en France que dans les 4 grands chaùmmpionnats mais tout était déjà en place. Et le Bayern avait déjà un budget 3 fois supérieur à sonplus gros concurrent Monchengladbach en 1975. Bien sûr, 3 fois plus d ebudget, en 2026, ça ne choque même plus les gens, ils trouveraient même que ça reste acceptable, comme écart. S'il y a donc une dérive du foot pro, il y a donc sans doute aussi une dérive du spectateur du football qui ne s'étonne plus de rien et qui acceptent les maillots third/turd, les caprices de starlettes et prend pour argent comptant ce qu'on voit dans les "insides". En contrepartie, le fan de foot a maintenant grâce aux réseaux sociaux l'occasion de pouvoir insulter en ligne les ennemis de ses héros -et même parfois ses héros quand les choses ne vont pas bien. Il y a 50 ans il devait se contenter de les siffler ou de les huer au stade en balançant de temps en temps un "à la mine!!!" vengeur pour faire bonne mesure. On a les consolations qu'on mérite.
Pour ceux qui comprennent l'angliche, je vous conseille absolument le livre
Only a Game?: The Diary of a Professional Footballer écrit par l'international irlandais de Millwall Eamon Dunphy, un ouvrage sorti en... 1976. C'est un récit assez prodigieux où l'auteur est impitoyable avec le milieu dans lequel il évolue mais aussi et surtout avec lui-même. Certaines choses y sont énoncées très clairement tandis que d'autres restent habilement suggérées... Sans doute encore plus clairement. On y retrouve tous les trucs en vigueur dans le vestiaire d'un club de sport collectif professionnel sur les 5 continents : illusions et désillusions, clans et bisbilles d'ordre financier, peur du banc de touche, terreur de la blessure, tauliers et petits jeunes qui tentent de s'imposer, locaux et étranger qui doivent d'intégrer à un nouvel environnement, relations avec les supporters oscillant entre le houleux et le passage de pommade réciproque, abnégation et manque d'abnégation, esprit de coprs, camaraderie, concurrence et jalousies... Et donc, je ne vois vraiment pas ce qui a changé aujourd'hui. A part, évidemment, le montant de l'argent qui circule dans le foot et celui dans le compte en banque de Dunphy. Pour ceux qui ont lu la biographie de Cascarino (qui il me semble a été traduite à cause de ses bonnes performances dans un petit club du sud de la Franceà une époque) eh bien il s'agit plus ou moins d'un décalque pas mal du tout mais aussi assez laborieux du livre de Dunphy. En plus racoleur et égotiste aussi parce qu'il est sorti en 2001, pas en 1976. Et l'époque avait changé. Le football, lui, n'avait fait qu'évoluer pour rester à l'image de notre société, une société dans laquelle l'argent prend un peu plus d'importance chaque année.