On rit Point a écrit : ↑Aujourd’hui, 13:42
Je l'aimais bien, ce coach.
Oui, j'ai souvent été perturbé par ses coachings, par ses compositions, par ses choix tactiques.
Mais... Je l'aimais bien.
Et je trouve ça tellement nul que ça termine par les sifflets du stade.
J'aime bien les gens qui essaient des choses. Lui, c'est ce qu'il a fait. Avec un certains culot et avec comme principal, disons même seul fait d'arme d'avoir botté avec la manière les fesses de nos voisins alors que l'enfer nous était promis. Je n'oublierai jamais ce derby.
Je n'oublierai pas non plus, que ce soir de descente, lui, il était prêt à faire face. A Garder la tête haute face aux supporters. Comme hier contre Boulogne.
On est allé cherché ce mec dans sa Norvège : il est venu. Sans aucun doute pour un gros paquet de pognon on ne va pas se mentir : mais il est venu.
Et je crois qu'il n'a pas triché. Jusqu'au bout.
Combien auraient acceptés cette tâche ingrate de venir coacher ce dernier match alors que non, ça ne pouvait pas bien se passer. Il aurait pu se barrer, tout abandonner, tout laisser en plan : non, il a assumé.
Je ne crois pas l'avoir entendu critiquer l'arbitre ou une seule fois s'en remettre aux qualités des adversaires pour expliquer nos lacunes. Là aussi: il a toujours assumé.
Peut-être a-t-il été trop gentil, peut-être. Certains joueurs en auraient profités : honte à eux.
Il est resté une année et à Sainté, beaucoup ne peuvent pas en dire autant. On aurait pu applaudir un homme à qui nous ne pouvons rien reprocher : non, on a préféré siffler le coach dont il y a en effet beaucoup à dire. On aurait pu témoigner à l'homme le respect dont il a toujours fait preuve : Non, nous lui avons renvoyé en pleine figure ses erreurs sportives.
Parfois, je me demande si le peuple vert, ou du moins si bonne partie de celui ci n'a pas tout simplement perdu son humanité. Sommes nous tous devenu des enfant de quatre ans ? On chouine parce qu’on n'a pas notre jouet sur la bonne étagère. On avait rendez avec la première place de Ligue 2, la première place nous a mis un Lapin, alors on chouine.
Et oui, et oui, on est Saint-Etienne. Et parcequ'on est Saint-Etienne: Troyes, Rodez, Boulognes : ils sont moins méritant. Ils ne comptent pas. Ils n'existent pas. Pourtant, ils nous marchent dessus.
Peut-être faut-il que nous revenions les pieds sur terre : Sainté ou pas Sainté, notre stade de 42000 personnes est sans aucun doute le plus beau de toute la ligue 2, notre équipe fait peur à voir, et nos supporters ne savent même plus faire la différence en un mec intègre, et ses résultats sportifs.
Au risque de me fâcher avec de nombreux poteaux : Nous n'avons aujourd'hui que ce que nous méritons.
Parfois je me dis que si Rocher a envoyé tout les trophées à Nicollin en lui faisant promettre de ne jamais les rendre : c'est qu'il avait une très bonne raison de nous en vouloir.
Bref, Je l'aimais bien, ce coach.
Bonjour Mick, dans le bon vieux temps j'appréciais tes messages et je suis content que tu repostes régulièrement sur le forum mais j'avoue que si ton texte est beau et si Eirik Horneland m'est plutôt sympathique (je ne le lui souhaite que le meilleur pour la suite) je pense que tu as quand même un peu fait le choix de souffrir momentanément d'amnésie sélective avant de rédiger ce message.
Les supporters stéphanois sont-ils en train de perdre son humanité ? Je n'ai pas de données scientifiques à te proposer sur le sujet mais si le critère est "
la propension à siffler sans pitié un entraîneur qui fait bien son possible mais qui se retrouve en grande difficulté après une série de contre-performances sur le terrain (ou encore la propension à le tailler sans aucune mesure lors de discussions avec d'autre personnes supportant l'ASSE)" je pense alors qu'Eirik n'est pas du tout le premier à subir la vindicte populaire du peuple vert, tu sais, celle qui a permis à Laurent Hess et Bernard Lions de tenir aussi longtemps dans le métier.
Le peuple vert avait-il beaucoup d'humanité dans les années 1990 ? Je ne crois pas, non. J'ai eu à cette époque-là l'occasion d'assister à des matches où le nom de l'entraîneur des Verts était sifflé lors de présentation des équipes et ce, pratiquement chaque saison à part bien sûr la faille spatio-temporelle de 1998-99. Sarramagna d'abord (je me souviens particulièrement d'un épisode avant un match en août 1991, c'est à dire quand le championnat devait en être à la 4e journée...), Santini (payant sans doute pour le désastre en coulisses), Baup (1er passage) suivi de Bathenay, intronisé en toute fin de saison mais qui en a quand même pris plein la tête [une relégation ça passait très mal en ce temps-là, depuis on s'est habitué.] Il y eut aussi pas mal de contestation revêche autour des noms "Mankowski" et "Repellini" (malgré la caution Herbin)... Bien avant Eirik, prendre place sur le banc de l'ASSE ne semblait déjà pas être une expérience très confortable.
Puis vinrent les années 2000. Internet prenait inexorablement le pouvoir et, en cas de résultats en berne, le coach devait maintenant composer avec une double colère du "peuple vert" : il devait maintenant faire face au mécontement dans les tribunes et en ville
mais aussi à un étrillage en règle de sa personnalité et de ses compétences dans les forums et autre
Yahoo chat rooms. Citons Toschack (qui en un mois, a acquis une réputation ad vitam eternam de "type qui passait sa vie au resto et ne connaissait même pas le nom de ses joueurs") Rudy Garcia (bouc émissaire de l'année des faux passeports alors que l'autre partie du "tandem" JG Wallemme restait relativement épargné) Alain Michel (unanimement considéré comme le responsable du fiasco de l'automne 2001), Alain Perrin aussi qui arrivait directement en tant qu'ex entraîneur du club honni, sauf que les 2 légendes de l'ASS Jacquet et Herbin avaient eux aussi entraîné ce club honni mais bon, euh, c'est pas pareil, quoi.
Au début, l'ère internet c'était un peu comme la télé-réalité, une parodie de la vraie vie. Et puis, au bout d'un moment, comme les gens passaient de plus en plus de temps cachés derrière leur écran, la
second life se mit à déteindre sur la vraie life; ainsi arriva l'ère des réseaux sociaux. L'agressivité y était devenue la norme et le clash s'y était érigé en une culture à part entière. Les jugements -déjà sans appel depuis un moment- se firent alors lapidaires, ils le devaient bien puisqu'en moyenne ils devaient contenir moins de 140 catactères. Et donc, les entraîneurs en firent les frais, à Sainté comme ailleurs. Même Galtier quitta le club sur une note mi-figue mi-raisin. Ensuite, Oscar Garcia a probablement gardé un très mauvais souvenir d'un soir de derby, le pauvre Sablé balancé en première ligne comme de la chair à canon s'est fait pourrir jusqu'à la moelle épinière, Printant n'a même pas eu la chance de s'installer dans son poste (parce que dans la vie "
y'a les numéros 1 et les numéros 2"), Puel (après un ersatz de lune de miel) a vite fait office de punching ball -y compris aux yeux de l'Altiligérien à la tête du club- et tout d esuite après le pompier pyromane Dupraz a été exécuté en place publique, deux mois seulement après une ébauche d'état de grâce que tout le monde a pudiquement oublié depuis. Enfin, dernièrement (il y a moins de 3 ans) Batlles a servi de fusible, et fut remplacé par ODO qui fit remonter le club mais qui devint après seulement quelques journées de L1 une victime expiatoire idéale. En fait, la durée de vie moyenne d'un coach à l'ASSE depuis 1990 ça doit être un an et demi et encore, je suis généreux.
Ces 35 dernières années, les supporters des Verts ont su jouer un rôle -plus ou moins grand- dans chaque changement d'entraîneur. La belle humanité du peuple vert n'est donc somme toute que relative, tu en conviendras. Et les gens qui ont peur que
le"public d'ici devienne comme celui de Lyon ou Marseille" eh bien en fait, peut-être qu'ils refusent de voir que ça fait déjà un bail qu'il ressemble un peu à celui de Lyon ou Marseille. Quant à l'humanité des dirigeants qui se sont succédés à la tête du club, disons qu'elle a toujours été... à l'avenant mais ça, je pense que tu le savais déjà. Et aujourd'hui les enjeux sont tellement plus importants q'en 1990... Espérons que Philippe Montanier puisse au moins disposer d'un peu de temps, ce qui n'est pas gagné au vu du climat régnant autour du club ces jours-ci.
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